Point sur la Réforme du Collège : compte-rendu de la réunion du 3 octobre
Les enseignants ont présenté en quelques points la réforme et ses conséquences, selon trois axes principaux :
1) Allègement de l’emploi du temps de l’élève avec une organisation différente des cours.
2) Des nouvelles pédagogies imposées en classe, sans concertation du corps enseignant (réf. EPI, enseignement pratique interdisciplinaire)
3) Modification des programmes
1) Les média ont surtout relevé la suppression des classes bi-langues et européennes ainsi que la suppression de l’enseignement du grec et du latin. En réalité cette réforme va réduire aussi les heures d’enseignements des disciplines fondamentales, telles le français, les maths ou les matières scientifiques afin d’aménager des heures pour les EPI et l’AP.
La baisse du volume horaire sera considérable sur l’ensemble des 4 ans du collège : d’une moyenne de 27h10 par semaine aujourd’hui on passerait à 26h par semaine ce qui veut dire une perte de 162 heures sur les quatre ans.
Par ailleurs des heures (4) doivent être réservées à l’EPI (Enseignement Pratique Interdisciplinaire) et à l’Aide Personnalisée au détriment des disciplines fondamentales.
2) Les EPI ne constituent pas en soi une mauvaise initiative, le problème c’est qu’elles ne sont pas financées et qu’elles empiètent sur les heures de cours obligatoires. De plus il faut d’abord bien maîtriser les fondamentaux avant de demander aux élèves de pratiquer l’interdisciplinarité. Les professeurs n’ont par ailleurs reçu aucune indication sur comment organiser ce type de travail.
Pour ce qui concerne les AP, de l’ordre d’une heure ou deux par semaine, elles seront le plus souvent dispensées en classe entière, ce qui est contre-productif et plus du tout ciblé sur les enfants en difficulté.
Les heures de dédoublement sont aussi réduites à 3h par semaine alors que jusqu’à présent les établissements disposaient de 5-6 heures.
A cette baisse d’heures d’enseignement il faut ajouter la suppression des classes bi-langues et des langues anciennes sauf l’introduction, selon le gré de chaque établissement, d’un parcours lettres classiques ou langue vivante allemand.
3) Quant aux programmes, les professeurs ne se sont pas trop exprimés. Ils ont surtout parlé de l’organisation en cycles : cycle 3 qui regroupe le CM1, le CM2 et la 6e et cycle 4 qui regroupe les classes de 5e, 4e et 3e. En conséquence, les programmes sont organisés par cycle, et non plus par année, chaque établissement et/ou enseignant ayant la liberté pédagogique de choisir quelles notions il aborde en quelle classe.
Ils se sont aussi montrés inquiets sur une « globalisation d’heures et de programmes » qui permettrait concrètement à certains établissements de choisir en quelles années et de quelle manière dispenser certains enseignements avec comme conséquence la rupture de la continuité territoriale.
Dans la salle les parents se sont montrés concernés et dans l’ensemble d’accord avec les positions des enseignants. Cependant ils peinaient à comprendre comment une telle réforme avait pu être élaborée sans que les syndicats enseignants aient été concertés en amont et sans qu’on ait écouté leurs propositions.
Conclusion
La principale préoccupation des professeurs est la réduction des heures des cours et la suppression des classes bi-langues et des langues anciennes.
La gestion des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires les inquiètent aussi beaucoup dans la mesure où ils se feront au détriment des heures des cours obligatoires.
Pour ces raisons :
Les enseignants invitent les parents d’élèves à participer massivement à la manifestation nationale du 10 octobre dont le départ est prévu à 13h30 du jardin du Luxembourg.